Archive froide : bandes magnétiques, stockage objet cold ou disques hors ligne — comparaison pratique

Mis à jour le 15 janvier 2026

L’archivage froid est une stratégie clé pour conserver des données sur le long terme sans y accéder fréquemment. Que ce soit pour des archives institutionnelles, des clichés photo/vidéo ou des documents légaux, il s’agit de stocker les informations dans un support durable, économique et sécurisé. Nous allons comparer trois approches : les bandes magnétiques, le stockage objet froid et les disques hors ligne, en mettant l’accent sur le coût total de possession, la durabilité et l’accessibilité.

Pourquoi opter pour l’archivage froid ?

L’archivage froid répond à des besoins de rétention sur plusieurs années voire décennies. Il se distingue de la sauvegarde active par un accès rare ou planifié. Les critères principaux sont :

  • Durée de conservation (10-30 ans pour des bandes, 50 ans pour certains disques spécialisés).
  • Coût par Go stocké (le plus bas sur bande).
  • Temps et frais de récupération (RTO et frais d’écriture/récupération).
  • Conformité aux normes ISO et exigences légales.

1. Bandes magnétiques (Tape Libraries)

Les bandes LTO (Linear Tape-Open) sont plébiscitées pour l’archivage à froid :

  • Durabilité : jusqu’à 30 ans en conditions optimales.
  • MTBF élevé pour les lecteurs, migration régulière tous les 3-5 ans pour éviter l’obsolescence.
  • Coût TCO faible : environ 0,01 € par Go, mais investissement initial dans la bibliothèque et le robot.
  • Scénarios d’accès : récupération par lot, temps de chargement de 1 à 3 minutes par cassette.
  • Plan de migration : prévoir des tests d’intégrité annuels et un calendrier de remplacement.

2. Stockage objet froid (Cold Object Storage)

Les services de cloud tels qu’Amazon S3 Glacier ou des solutions on-premise (MinIO/Scality) offrent le stockage objet froid :

  • Durée de conservation quasi illimitée sans dégradation physique.
  • Coût : entre 0,002 et 0,005 $ par Go/mois, plus frais de récupération variables.
  • Accessibilité : de quelques minutes (Glacier Instant Retrieval) à plusieurs heures (Glacier Deep Archive).
  • TCO multi-site ou hybride : nécessite une connexion fiable et un budget de bande passante.
  • Conformité : souvent certifié ISO 27001, GDPR, etc.

3. Disques hors ligne

Les disques durs ou SSD stockés hors ligne (air-gapped) sont simples et rapides à déployer :

  • Durabilité : 5-10 ans pour HDD, 3-5 ans pour SSD sans alimentation.
  • MTBF : Wikipedia – Data Archiving (200 000 à 1 500 000 heures pour HDD).
  • Coût : environ 0,02 € par Go, pas de coûts récurrents si hors réseau.
  • Accessibilité : instantanée dès branchement, mais nécessite une gestion physique et un protocole sûr.
  • Risques : sensibilité aux chocs, variations de température, nécessité de chiffrement et gestion des clés (sécurisation des copies physiques).

Comparaison pratique

Voici un résumé comparatif :

  • Coût initial/TCO : bandes < objet froid < disques hors ligne.
  • Durée de conservation : objet froid ≈ bandes > disques hors ligne.
  • Temps de récupération : disques ≪ objet froid ≪ bandes.
  • Conformité et migration : bandes et objet froid bien standardisés.
  • Simplicité opérationnelle : disques > bandes > stockage objet (selon la solution).

Recommandations selon profil

  • Archives institutionnelles : bandes magnétiques avec rotation GFS, tests d’intégrité et plan de migration.
  • Archives photo/vidéo : stockage objet glacier Deep Archive pour éviter les manipulations physiques.
  • Entreprises petites/moyennes : disques hors ligne pour simplicité, couplés à un service cloud en second niveau.

Bonnes pratiques et conformité

Pour garantir la pérennité :

  • Mettre en place un calendrier de migrations (ISO 11799).
  • Réaliser des tests d’intégrité (checksum) et exercices de restauration.
  • Assurer le chiffrement des supports et la gestion centralisée des clés.
  • Documenter les procédures et former les équipes.

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