Comparatif — Backup-as-a-Service (BaaS) vs solutions sur site : avantages, limites et cas d’usage

Mis à jour le 12 février 2026

Entre les solutions de sauvegarde dans le cloud (Backup-as-a-Service ou BaaS), les approches sur site (on-premise) et les architectures hybrides, les entreprises se trouvent face à des choix techniques et stratégiques souvent complexes. Cet article compare objectivement ces modèles à travers leurs bénéfices, limites et cas d’usage. Il propose aussi des critères concrets d’aide à la décision pour vous guider vers la solution la plus adaptée à vos enjeux métiers, techniques et réglementaires.

1) Définitions rapides : BaaS, on-premise, hybride

BaaS (Backup-as-a-Service) : la sauvegarde de vos données est confiée à un prestataire via une infrastructure cloud. Ce modèle inclut généralement le stockage, l’automatisation des sauvegardes, la gestion de la rétention, le chiffrement, les interfaces de restauration, la supervision, et des fonctions avancées de cybersécurité (immutabilité, détection comportementale, MFA, ségrégation des rôles).

On-premise (sur site) : l’entreprise gère entièrement son infrastructure de sauvegarde (serveurs, stockage, bandes, logiciels, automatisation, tests de restauration, supervision). Le contrôle est total mais implique également l’exploitation, la maintenance et la sécurité.

Hybride : une approche combinée : sauvegardes rapides en local pour performance et copie distante (dans le cloud ou dans un autre site) pour la reprise après sinistre et la résilience face aux cyberattaques.

Le choix dépend avant tout de vos objectifs de disponibilité (RTO/RPO), de votre , de vos ressources internes, de votre tolérance au risque et de votre budget global.

2) Les critères qui font vraiment la différence

  • RPO (Recovery Point Objective) : durée maximale de perte de données admissible. Elle exprime la fréquence minimale des sauvegardes.
  • RTO (Recovery Time Objective) : délai maximum acceptable pour restaurer l’activité après un incident.
  • Capacité de restauration à grande échelle : nombre de fichiers, taille globale (en To), nombre de machines virtuelles, rapidité via LAN ou WAN, orchestration automatique de la restauration.
  • Résilience et cybersécurité : protections face aux erreurs humaines, aux défaillances matérielles et aux attaques (surtout ransomware). Immutabilité, air gap logique/physique, journalisation, contrôle d’accès granulaire.
  • Conformité : conformité légale (RGPD, ISO 27001, HDS, etc.), exigences clients/partenaires, politique de souveraineté, localisation des données, et gestion des clés (KMS, BYOK).
  • Scalabilité : capacité à accompagner la croissance des données, des équipes et des usages dans le temps.
  • Dépendance fournisseur : format des sauvegardes, possibilités d’export, portabilité des données, verrous technologiques, coûts de sortie (notamment egress réseaux).
  • Coût total (TCO) : au-delà du prix du stockage, inclure licences logicielles, matériel, bande passante, ressources humaines, support, renouvellement et hébergement.
  • Ressources internes : niveau d’autonomie de vos équipes pour la gestion, les tests de restauration, la sécurité, et la supervision quotidienne.

Un plan de reprise formalisé (PRA/DR) avec des objectifs raisonnés (RTO, RPO) et des tests réguliers est essentiel. Un cadre méthodologique tel que le guide de continuité du NIST est une bonne boussole (NIST Contingency Planning).

3) BaaS : avantages, limites, et quand c’est un excellent choix

Avantages principaux

  • Déploiement rapide : un agent par machine et une console web suffisent souvent à démarrer.
  • Moins d’infrastructure à gérer : aucun matériel à prévoir, pas de maintenance serveur ou logiciel local.
  • Externalisation native : la résilience hors site est incluse, sans projet annexe.
  • Facilité d’évolutivité : vous augmentez rétention et capacité sans cycle d’achat.
  • Fonctionnalités avancées : WORM, détection de comportements anormaux, supervision intégrée, audit, MFA, segmentation des rôles.

Limites et points de vigilance

  • Restauration dépendante du réseau : récupération de grandes quantités de données peut être lente sans options accélérées (appliances de récupération, prefetch, LAN direct).
  • Facturation complexe : attention à l’empilement : stockage, opérations, bande passante sortante sauf forfait clair.
  • Enjeux de souveraineté : analysez la localisation des données, les sous-traitants, et les modalités contractuelles (SLA, option BYOK, journaux exportables).
  • Dépendance forte au fournisseur : posez les questions de réversibilité, d’interopérabilité des formats, de plan de sortie.
  • Configuration à votre charge : la responsabilité partagée signifie que la sécurité des accès, la définition des politiques, la validation des sauvegardes restent sous votre contrôle.

Cas d’usage typiques

  • TPE/PME sans équipe IT dédiée, besoin de simplicité et protection rapide.
  • Organisations distribuées ou télétravail : standardisation de la sauvegarde des postes distants.
  • Mise en place rapide d’un filet anti-ransomware : immutabilité, audit, MFA prête à l’emploi.

4) On-premise : avantages, limites, et quand c’est le bon réflexe

Avantages principaux

  • Maîtrise complète : de l’architecture aux clés de chiffrement, en passant par les flux réseau et la segmentation des droits.
  • Vitesse de restauration : récupération immédiate via réseau local (LAN), crucial pour les grosses bases, VMs ou fichiers critiques.
  • Coût optimisé à moyen terme : si équipements déjà présents et dimensionnés correctement, le coût de revient peut être plus bas sur 3–5 ans.
  • Réponse aux contraintes fortes : certaines certifications ou métiers imposent un hébergement local des données.

Limites et points de vigilance

  • Charge opérationnelle : supervision, mises à jour, continuité de service, stockage à réévaluer régulièrement.
  • Single point of failure si aucune externalisation : un sinistre peut tout compromettre.
  • Risque de cybersécurité plus grand si aucune isolation : accès via Active Directory ou comptes partagés à proscrire.
  • Évolutivité plus lente : prévoir à l’avance l’évolution des sauvegardes (fenêtres, performances, capacité).

Cas d’usage typiques

  • Environnements avec très gros volumes et contraintes de restauration express.
  • Sites mal connectés, ruralité ou contraintes sur la bande passante : cloud peu optimal.
  • Organisations dotées d’une équipe IT expérimentée et de processus formalisés.

5) L’approche hybride : souvent le meilleur compromis

La stratégie hybride offre une combinaison équilibrée de performance, sécurité et résilience. C’est souvent l’approche la plus robuste, notamment contre les attaques modernes (ransomware, effacement logique) et les sinistres physiques.

  • Sauvegarde locale pour la restauration rapide et les sauvegardes fréquentes.
  • Copie distante immuable dans le cloud ou un second site pour couvrir les cas de sinistre, corruption logique ou attaque réseau. Idéalement inaccessible aux comptes standard et bien journalisée.

Un NAS est souvent le cœur du dispositif local : disque rapide, snapshots internes, connectivité multiple. Pour en savoir plus : Comment marche un serveur NAS.

6) Mini matrice de décision (simple et utile)

Critère BaaS On-premise Hybride
Simplicité de mise en œuvre ★★★★★ ★★☆☆☆ ★★★☆☆
Restauration de gros volumes (dans des délais courts) ★☆☆☆☆ ★★★★★ ★★★★☆
Protection contre sinistre (hors site) ★★★★☆ ★☆☆☆☆ (si non externalisée) ★★★★★
Résilience face au ransomware ★★★★☆ ★★★☆☆ ★★★★★
Contrôle / personnalisation ★★★☆☆ ★★★★★ ★★★★☆
Prévisibilité des coûts ★★★☆☆ ★★★☆☆ ★★☆☆☆

Lecture rapide : Pour une mise en œuvre rapide et une résilience de base, le BaaS est pertinent. Pour les restaurations critiques et volumineuses, l’on-premise domine. Pour la continuité de bout en bout, l’approche hybride est la plus solide.

7) Trois scénarios concrets (études de cas simplifiées)

Cas n°1 : TPE (10 personnes), bureautique + PC portables

Objectif : restaurer rapidement un poste ou récupérer des fichiers supprimés ou chiffrés.

Recommandation : BaaS avec agents simples, rétention raisonnable, MFA et profils de sécurité séparés. Si possible, une sauvegarde locale complémentaire.

Cas n°2 : PME (100 pers.), VM critiques, débit limité

Objectif : garantir la reprise des VM critiques en 2–4 heures en local.

Recommandation : Solution hybride : sauvegarde locale performante + cloud avec WORM. Ne pas oublier les tests de PRA et leurs délais réels.

Cas n°3 : Organisation régulée / données sensibles

Objectif : conformité RGPD, maîtrise des accès, auditabilité, souveraineté.

Recommandation : On-premise ou hybride avec cloud contractualisé (localisation contrôlée, BYOK). Mise en place d’une gouvernance robuste (journaux, rôles séparés, restauration auditée).

8) Recommandations pratiques (quel que soit le modèle)

  • Testez vos restaurations sur des cas réels (fichiers, VM, reprise complète).
  • Appliquez 3-2-1-1-0 : 3 copies, sur 2 types de médias, 1 hors site, 1 immuable ou offline, 0 erreur vérifiée.
  • Chiffrez systématiquement (en transit et au repos), utilisez MFA, et limitez les privilèges.
  • Élaborez vos RTO/RPO sur la base de vos contraintes métiers et techniques, pas sur des valeurs théoriques.
  • Préparez la sortie d’une solution cloud avant d’y entrer : plan, formats, délais d’export, frais potentiels.
  • Mettez en place une supervision proactive : alertes, rapports, suivi des anomalies et des taux d’échec.

Contenu enrichi avec l’assistance de l’IA, vérifié par un expert cybersécurité/backups.

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