Tutoriel : utiliser les snapshots et versions pour récupérer rapidement fichiers supprimés ou modifiés

Mis à jour le 16 février 2026

Vous avez supprimé un fichier par erreur, ou écrasé un document important avec une “mauvaise” version ? Avant de paniquer ou de lancer une récupération complexe, il existe souvent une solution simple : utiliser les snapshots (instantanés) et la gestion de versions (versioning). Ces mécanismes permettent de revenir en arrière, parfois en quelques clics, pour restaurer un fichier tel qu’il était hier, il y a une heure, ou avant une modification malheureuse.

Snapshots et versioning : c’est quoi, en termes simples ?

Le versioning conserve plusieurs versions d’un même fichier au fil du temps. Exemple : vous modifiez “rapport.docx” tous les jours ; le système garde des exemplaires précédents, permettant de revenir à une version antérieure ou de faire des comparaisons.

Un snapshot (instantané) est une capture à un instant T d’un volume, d’un dossier, ou d’un système entier. Selon les technologies, cela peut être quasi-instantané et très efficace grâce au principe du copy-on-write, qui n’enregistre que les changements. Important : un snapshot est souvent local, donc vulnérable aux mêmes risques que les fichiers originaux (panne, effacement, attaque).

Différences pratiques : ce qu’il faut retenir

  • Versioning : parfait pour récupérer un fichier précis. Il est intégré à de nombreuses solutions cloud, outils de synchronisation ou systèmes de sauvegarde.
  • Snapshot : idéal pour revenir à un état global (ex. avant une grosse manipulation ou mise à jour), utile en systèmes locaux (Windows, macOS, Linux serveurs).
  • À ne pas confondre avec une sauvegarde : les deux mécanismes sont utiles pour réagir rapidement, mais si les données sont perdues physiquement ou compromises (vol, panne, ransomware), seuls des backups séparés (sur disque externe, cloud, NAS…) assurent une vraie protection.

Avant de commencer : bonnes pratiques et limites à connaître

  • Commencez par vérifier la Corbeille (Windows/macOS/Linux) : c’est souvent la récupération la plus rapide.
  • Stockage : plus il y a de versions ou de snapshots, plus le stockage croît, même si optimisé.
  • Ransomwares : certaines attaques ciblent aussi les sauvegardes et les snapshots locaux. D’où l’intérêt d’avoir au moins une copie hors-ligne ou distante, si possible immutable pour limiter l’altération.
  • Règle 3-2-1 : 3 copies des données, sur 2 types de support, dont 1 hors site. Les snapshots et le versioning peuvent compléter cette stratégie, mais ne la remplacent pas.

Pour bâtir votre stratégie complète : comment choisir une solution de sauvegarde de fichier.

Windows : restaurer via “Versions précédentes” et activer l’Historique des fichiers

Windows dispose de plusieurs mécanismes, parfois confondus :

  • Versions précédentes : s’appuie sur Volume Shadow Copy (VSS), activé par des points de restauration ou certains outils de sauvegarde. Il peut être vide si rien n’a été configuré.
  • Historique des fichiers (File History) : sauvegarde incrémentale automatisée et personnalisable, idéale pour suivre l’évolution de ses documents personnels sur un disque externe ou un partage réseau.
  • OneDrive : intègre un versioning propre si la synchronisation est activée, ainsi qu’une corbeille distante.

1) Restaurer via “Versions précédentes”

  1. Dans l’Explorateur de fichiers, clic droit sur le dossier ou fichier.
  2. Choisir Propriétés, puis Versions précédentes.
  3. Explorer les dates disponibles et choisir :
    • Ouvrir (consulter le contenu),
    • Copier (vers un autre emplacement),
    • Restaurer (remplace l’actuel).

Astuce : utilisez “Copier” d’abord pour éviter d’écraser un fichier sain.

Note : si aucune version n’apparaît, cela signifie qu’aucun snapshot n’a été créé. Passez alors sur l’Historique des fichiers ou OneDrive.

2) Activer et utiliser “Historique des fichiers”

  1. Connectez un disque externe ou configurez un dossier réseau.
  2. Allez dans Panneau de configuration > Historique des fichiers.
  3. Sélectionnez le lecteur et activez la sauvegarde automatique.
  4. Personnalisez la fréquence et la durée de conservation.

Pour restaurer : ouvrez le dossier de travail, cliquez sur “Historique” et sélectionnez la version souhaitée pour restaurer.

Pour aller plus loin

Document officiel : Volume Shadow Copy Service (VSS).

macOS : versions et snapshots avec APFS + Time Machine

macOS tire parti du système APFS et de Time Machine pour gérer à la fois des snapshots locaux et des sauvegardes complètes. La méthode recommandée reste d’utiliser Time Machine avec un disque externe ou un NAS compatible.

Par défaut, macOS peut créer des snapshots locaux, mais leur rétention est limitée par l’espace disque. Pour une protection durable, orientez-vous vers une cible externe.

Activer Time Machine

  1. Connectez un disque ou sélectionnez une cible réseau.
  2. Dans Réglages Système > Time Machine, ajoutez le disque.
  3. Activez la sauvegarde automatique. Vous pouvez définir les exclusions et la gestion de l’espace.

Restaurer un fichier ou une ancienne version

  1. Ouvrez le dossier cible dans Finder.
  2. Lancez Time Machine.
  3. Utilisez la frise temporelle pour revenir à la date souhaitée.
  4. Sélectionnez le fichier et cliquez sur Restaurer.

Pour compléter sur l’écosystème Apple : Time Machine, iCloud, et solutions Apple.

Linux : snapshots avec Btrfs, ZFS et outils associés

Sous Linux, ce sont principalement les systèmes de fichiers comme Btrfs ou ZFS qui gèrent les snapshots. D’autres configurations utilisent LVM ou des outils utilisateurs comme Timeshift, Snapper ou ZnapZend.

Btrfs : créer un snapshot

Pré-requis : partition en Btrfs, snapshots activés.

sudo btrfs subvolume snapshot -r /home /home_snapshots/home_$(date +%F)

Restaurer un fichier :

cp /home_snapshots/home_2026-02-16/user/Documents/file.odt ~/Documents/

Astuce : utiliser Timeshift ou Snapper simplifie ces opérations.

ZFS : snapshot et récupération

sudo zfs snapshot pool/home@avant_modification

Parcourir le snapshot dans .zfs/snapshot et copier le fichier. Un rollback global est aussi possible, mais plus risqué car il annule toutes les modifications récentes.

Précaution : préférez copier les fichiers plutôt qu’un rollback, sauf maîtrise du système.

Exemples pratiques à illustrer

  • Fichier supprimé : Restauré via Time Machine, OneDrive ou File History. Illustration suggérée : interface de restauration en action.
  • Version écrasée : Utilisation du versioning (OneDrive, File History). Capture : liste des versions avec option “Copier”.
  • Mauvaise manipulation massive : Restauration via snapshot (Timeshift, Snapper, Btrfs/ZFS). Capture : liste des snapshots et navigation.

Planification : fréquence et rétention

  • Documents actifs : snapshots ou versions toutes les heures, conservés entre 30 et 90 jours, selon l’espace disponible.
  • Actions risquées : snapshot manuel avant une mise à jour, maintenance ou suppression en masse.
  • Ménage automatique : supprimez les snapshots et versions anciens pour éviter de saturer le disque.

Conclusion : combiner rapidité et sécurité

Le versioning et les snapshots offrent une réponse efficace et rapide aux erreurs du quotidien. Ils permettent de revenir sur une action, de restaurer une version ou un fichier sans manipulations complexes. Mais ces mécanismes ne remplacent jamais une sauvegarde complète et externe. Une stratégie gagnante combine :

  • Snapshots/versions = restauration rapide.
  • Sauvegarde complète locale = récupération complète.
  • Copie distante/hors ligne = protection contre les sinistres et les ransomwares.

Maîtriser ces outils ne prend que quelques minutes, mais peut sauver des heures, voire des jours de travail.

contenu assisté par IA

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